
Le combat qui s’ensuivit, la Bataille de Grunberg, fut inédite du
fait que seules des troupes montées y participèrent. Les meilleurs
chevaliers de l’Empire contre les unités les plus mobiles de la
horde orque. Gorbad mena sa troupe en personne, coiffé de la
couronne de Solland et brandissant son immense hache de guerre
Morgor la Massacreuse. Au début, les chevaliers impériaux semblaient
invincibles et ils chassèrent les chevaucheurs de loups du
champ de bataille. Mais les deux camps se retrouvèrent vite
engagés dans une incroyable mêlée où les lances des chevaliers
furent inefficaces contre l’assaut pressant des guerriers orques.
Leurs troupes engagées au combat, les deux chefs s’élancèrent
dans la mêlée pour mettre leur poids dans la balance. Le plus
grand général de l’Empire et le plus puissant des grands chefs
orques s’affrontèrent avec la fureur de deux vieux ennemis.
Gorbad lança son char sur le comte, les trois loups de l’attelage
se jetèrent à la gorge de l’ennemi. Adolphus fit tournoyer son
épée, l’un des douze Crocs Runiques. sœur de l’épée dérobée du
Solland. Les trois loups s’effondrèrent, leurs têtes tranchées en
seul coup dessinant un arc sanglant dans les airs. Le char de
Gorbad se renversa, envoyant le seigneur de guerre orque s’écraser
aux pieds d’Adolphus.
Le comte plongea sa lame dans le torse massif de Gorbad et un
flot de sang verdâtre éclaboussa son armure. Dans un effroyable
cri de douleur, Gorbad fit tournoyer Morgor et frappa Adolphus
d’un coup terrible à la tempe. Les deux puissants généraux titubèrent
alors que des centaines de guerriers tournoyaient autour
d’eux. Au moment où ils allaient frapper à nouveau, des chevaliers
et des chevaucheurs de sangliers les séparèrent et les deux
commandants furent emportés dans le tourbillon du carnage. Ce
fut une rude bataille pour les deux camps, mais les orques prirent
finalement le dessus et les chevaliers succombèrent face à eux.
Au crépuscule, l’armée impériale était entièrement démantelée
avec les chevaucheurs de loups sur ses talons. Gorbad était trop
grièvement blessé pour la traquer, aussi de nombreux chevaliers
impériaux réussirent-ils à s’échapper, dont le comte blessé du
Wissenland.
A Altdorf, l’Empereur Sigismund se préparait à l’assaut des
orques en fortifiant l’enceinte de la cité et en engrangeant les
récoltes. Lorsque tous les hommes, les femmes et les bêtes dans
un rayon de cinquante lieues furent entrés dans la capitale, il
ordonna que l’on dévaste les terres alentour. Lorsque les orques
arrivèrent, ils ne trouvèrent que champs calcinés, puits empoisonnés
et tavernes vides. Aussi ne perdirent-ils pas de temps dans
leurs pillages coutumiers et se lancèrent-ils directement à l’attaque.
Le premier assaut contre les hauts murs d’Altdorf fut
repoussé et leur occasionna de lourdes pertes. Les marais entourant
Altdorf gênaient le regroupement des orques pour l’assaut et
plusieurs unités disparurent à jamais, englouties dans les marécages.
Gorbad ordonna la fin de l’assaut et se prépara pour un long
siège. Tout d’abord, ses immenses lance-rocs pilonnèrent les
murs et lancèrent une pluie de rochers sur la cité, causant des
dommages considérables. En réponse, les canons impériaux
furent pointés vers les orques et les lance-rocs furent rapidement
réduits au silence. Gorbad, toujours affaibli par la blessure que
lui avait infligée Grunberg, n’était pas réellement préparé pour
un tel assaut frontal. Il commença alors à regrouper une force
aérienne pour attaquer la cité. Quatre wyverns des Montagnes du
Bord du Monde prirent l’air pour aller semer la mort dans la cité
pendant qu’une pluie de plongeurs de la mort causait panique et
consternation. Au paroxysme de la bataille. Sigismund fut occis
alors qu’il menait un régiment d’archers pour défendre le palais
contre l’attaque des wyverns. Deux d’entre elles furent abattues
alors que l’Empereur agonisait, l’attaque aérienne échoua et le
siège se prolongea sans que quiconque ne l’emporte.

